Fière de toi !!!!!!

Tu as 32 ans et tu as la vie devant toi !!!!

Tu n’as pas gagné le gros lot en naissant dans un pays dont le peuple doit se battre pour survivre. Dans un pays où l’école et la formation ne font pas partie des priorités. Dans un pays où les bombes pleuvent, où la violence fait rage. Les départs dans la vie dont souvent déterminés par un hasard qui me glace, me révolte. Première injustice, avec laquelle il faut vivre. Ou survivre…

Alors que tu rejoignais la ville pour tenter d’y trouver un travail, tu as été victime d’un bombardement. Sans le soutien des tiens, sans un accompagnement médical digne de ce nom, tu es parvenu à récupérer l’usage de tes jambes, tant bien que mal. Mais tu savais que là-bas, tu ne pourrais pas aller beaucoup plus loin. Alors tu as décidé de partir. Et comme tant d’autres, tu as rejoint la Turquie avant de t’embarquer dans un bateau de fortune pour rejoindre la Grèce. Et tu es arrivé à Chios, où je t’ai rencontré. Un homme de courage !

A l’hôpital où tu as été emmené, un médecin, aussi pourri que tant d’autres là-bas, t’a signifié que jamais tu ne pourrais retrouver l’usage de tes jambes. Et on t’a cloué dans une chaise roulante. Cette même chaise où tu étais assis, lors de notre première rencontre, le regard si triste… Tu n’as plus quitté ta chambre et tu as sombré dans une dépression profonde. Tu as pu bénéficié d’un soutien psychologique quelques mois, avant que le UNHCR ne coupe les vivres et te dirige vers l’hôpital pour poursuivre le traitement… Qui n’a jamais repris, puisque tu n’as jamais été contacté…

Je t’ai rencontré et je t’ai dit que si tu n’avais plus la force d’agir, j’aurais la force de pousser ta chaise. Le lendemain, tu te tenais droit sur tes jambes, t’aidant de cannes que personne n’avait pensé à te fournir. Et tu as promis que chaque jour, tu marcherais un peu pour renforcer ta musculature. Que chaque jour tu irais respirer l’air à l’extérieur de la pièce. Qu’un jour, tu serais à nos côtés pour oeuvrer comme bénévole, parce que tu as tant à offrir.

Je suis si fière de toi. Je crois en toi ! Poursuis ce chemin la tête haute !!!!!

Tu ne dois rien à personne !!!! Tu ne peux qu’être fier de toi !!! Tu es un héro !!

 

Extension de notre projet ELA ! Agir sur la prévention !!!!!

Sur l’île de Chios, les espoirs de trouver refuge et une nouvelle vie en Europe sont anéantis. Subsistent les craintes engendrées par des procédures d’asile incomprises et la détresse face aux conditions de vie déplorables dans l’unique camp de l’île. Beaucoup de demandeurs d’asile y sont piégés depuis plus d’un an, ont vu leurs demandes rejetées et sont maintenant confrontés à des procédures prolongées dont ils n’ont que peu ou pas de compréhension.
Grâce à notre projet d’aide juridique d’urgence Emergency Legal Aid / ELA Chios, nous tentons de réduire l’incertitude et la souffrance pour autant de demandeurs d’asile que nos ressources le permettent. Pour trois de nos clients, tous arrivés à Chios il y a plus d’un an et demi, les erreurs qui ont été commises dans leur procédure d’asile pourraient les amener à être emprisonnés, torturés et potentiellement condamnés à mort s’ils sont effectivement expulsés.
Des expériences comme celles-ci nous ont aidés à réaliser qu’une intervention précoce dans le processus d’asile est essentielle. ELA a donc lancé un programme d’intervention précoce qui pourra atteindre un grand nombre de demandeurs d’asile. Celles et ceux qui en sont aux prémices pourront bénéficier de séances d’information de groupe et d’une préparation individuelle aux interviews. Deux avocats internationaux autofinancés, qualifiés et expérimentés travaillent d’ores et déjà en étroite collaboration avec les juristes grecs d’ELA pour fournir des prestations de qualité. Grâce à nos partenaires de Refugcomm.com, ELA diffuse des documents de qualité, accessibles aisément, conçus également à l’intention de personnes analphabètes, disponibles dans les langues majoritaires de la migration.

Grâce aux services d’interprètes et de traducteurs qualifiés (dont beaucoup sont des demandeurs d’asile et des réfugiés eux-mêmes) ELA permet à chaque client de comprendre au mieux le processus et les éléments clés pertinents relatifs à leur cas. En reconnaissance de leurs compétences, les interprètes demandeurs d’asile / réfugiés sont rémunérés pour leurs services. Une meilleure compréhension du processus et de la confiance gagnée par les candidats est bénéfique, tant pour eux que pour les enquêteurs des services d’asile grecs et européens. Les avocats grecs ELA sont également disponibles pour les candidats pour une représentation légale aux entretiens officiels est indispensable.
ELA continue à soutenir des cas d’urgence, principalement émanant de demandeurs d’asile faisant recours contre des décisions de rejet. Outre la représentation juridique directe en appel, nos avocats ELA fournissent également une assistance aux collègues nécessitant du soutien pour mener d’autres affaires, fournissant des conseils et des avis juridiques écrits sur diverses questions. Il va sans dire que les prestations sont offertes gracieusement, tant aux réfugiés qu’aux collègues en demande d’information !!!!!
ELA s’est fixé pour objectif de récolter 15 000 euros dans les 3 prochains mois, ce pour assurer tant l’expansion du projet afin d’inclure des services d’intervention précoce, que pour garantir la poursuite des services de nos avocats grecs.

 

A titre informatif, notre projection budgétaire juin 2018 – mai 2019 s’élève à environ 40’000 euros.

Vos dons généreux nous permettront de continuer à fournir une aide juridique indépendante et une représentation sur l’île «hotspot» de Chios ! MERCI du fond du coeur !!!!

 

Le faire en utilisant Paypal :
paypal.me/Choosehumanity

Le faire en utilisant un transfert bancaire :

Banque Raiffeisen Fribourg Ouest, 1752 Villars-sur-Glâne
Account :
CHOOSEHUMANITY
Impasse du Croset 23, 1753 Matran
IBAN : CH35 8015 9000 0160 8406 6
BIC/SWIFT: RAIFCH22159

 

 

Sur le terrain avec Pierre-Alain Schmied

Belle expérience, en ce mois de juin 2018, que de partager l’un de mes nombreux séjours à Chios avec Pierre-Alain Schmied, jeune médecin retraité suisse qui s’était adressé à Choosehumanity pour offrir ses services en qualité de bénévole.

En préambule, il importe de préciser que lorsque des volontaires se présentent, nous les adressons, en fonction de leur profil, à l’organisme qui semble le plus adéquat sur le terrain. C’est donc très naturellement que nous avons proposé les services de Pierre-Alain à l’équipe médicale espagnole SMH, qui l’a immédiatement recruté.

Quelle chance pour nous tous ! Avoir un médecin qui cumule tant d’expériences, tant en Suisse qu’à l’étranger dans des environnements affectés par la guerre pour le CICR. Un médecin doué de formations multiples, mais surtout d’un sens aigu de l’humanité et du professionnalisme. Les retours que nous avons eus de l’équipe espagnole nous l’ont confirmé : Pierre-Alain, c’est une plus-value incontestable.

Côtoyer Pierre-Alain durant ce séjour, lui expliquer ce qu’était la situation, et comment elle avait évolué depuis mon premier passage en mars 2016 m’a permis de prendre du recul, et de mesurer véritablement l’impact de la politique migratoire sur la vie de ces réfugiés en quête d’un avenir meilleur.

Ce qui m’a prioritairement choquée, c’est la façon dont le UNHCR, organisme en charge des personnes dites vulnérables (femmes seules, femmes ou hommes seuls avec enfants, mineurs non-accompagnés, gays, lesbiennes, transgenres, personnes handicapées) sont – on peut le dire – actuellement maltraitées par une structure reconnue au plan international, à qui tout un chacun fait confiance les yeux fermés.

En 2016, ces personnes étaient repérées et annoncées lorsque nous accueillions les bateaux sur les plages, avant d’être placées dans des appartements ou des hôtels mis à disposition. Aujourd’hui, l’on croise dans le camp des personnes en chaise roulante, des mineurs, des femmes seules, souvent victimes de harcèlement ou de violence. Des personnes vulnérables qui ne bénéficient plus de la protection particulière à laquelle elles ont droit. Quelques exemples parmi d’autres….

Lors de l’arrivée d’un bateau, Pierre-Alain a accueilli un jeune homme syrien de 22 ans dont le visage avait été complètement détruit par une bombe. Il ne lui reste pratiquement pas de joues, et seul un petit origine lui permet d’ingurgiter, lorsqu’il est allongé, de la nourriture dûment mixée. Nous n’osons imaginer l’état de ses membres internes… Un incident a justifié une hospitalisation. Le lendemain, un membre de notre équipe le retrouvait au camp, seul dans une tente igloo planté à même le sol dans la broussaille… Bravo le UNHCR ! Pierre-Alain s’est empressé de le signaler à qui de droit… A suivre…

Une jeune femme congolaise de 22 ans voyage seule elle aussi. Elle réside dans une chambre misérable. Lorsqu’on lui annonce, un matin, qu’elle sera déplacée dans les heures qui suivent, pleine d’espoir, elle se réjouit. Peut-être aura-t-elle enfin droit à un endroit non seulement décent, mais garantissant des conditions sanitaires minimales…. Le jour même, elle nous contacte, en larmes. Et nous envoie des photos…. Une chambre sale, avec des matelas sales, des détritus dans les armoires (qu’on leur a interdit de vider), des toilettes qui ne fonctionnent pas, une douche non fonctionnelle… Une affiche qui décline les règles à suivre pour cuisiner : comment le pourraient-elle, il n’y a en tout et pour tout qu’une assiette et une cuillère dans les armoires…Trois femmes, africaines, effondrées… Bravo le UNHCR ! Une bénévole de notre équipe, comme nous, décide de rompre la règle et de se rendre sur les lieux, avec ce qu’il faut pour rendre cet endroit un tant soi peu accueillant…. Des produits de nettoyage, des couverts, un joli rideau de douche, des couvertures pour recouvrir les matelas, et beaucoup d’huile de coude.

Bachir a 10 ans… Il est mutique et terne, après avoir assisté au bombardement de sa maison et à l’assassinat de 5 personnes… Par chance, le papa dispose des moyens nécessaires à louer une chambre pour les 2 prochains mois dans un sous-sol pour éviter à son fils d’accumuler d’autres traumatismes dans le camp : la nuit noire parce qu’il n’y a pas d’électricité (et que Bachir ne dort qu’avec de la lumière), les bagarres, les cris, les tentatives de suicide parfois même. Nous rencontrons la famille et commençons à apprivoiser l’enfant, travail rétribué après 2 semaines par de jolis sourires et une confiance accordée. Bravo le UNHCR ! S’il n’y avait pas de petites associations indépendantes, que deviendraient ces gens. Où Bachir dormira-t-il en août ? Sans doute contribuerons-nous à financer un logement s’il est condamné à retourner dans le camp, prévu pour 800 personnes, actuellement occupés par plus de 1500 réfugiés.

Dur, dur, tout cela. On ne s’y habitue pas. Et c’est bien. Mais il faut en parler. Se sentir soutenu. J’ai eu la chance de trouver cela en la personne de Pierre-Alain. Cela m’a fait du bien d’échanger avec lui. Partager. Evoquer mes doutes, mes questionnements, le sentiment difficile généré par la prise de conscience de mes limites. Il était agréable de le faire avec quelqu’un qui connaît cela mieux que moi. Avec quelqu’un qui parle non seulement ma langue, mais le même langage. Celui de la solidarité !

Merci Pierre-Alain pour tout ce que tu as apporté et donné !

Mary Wenker, présidente

Réfugiés gays, lesbiennes ou trans : soutenons-les !

 

Quand on vient d’un pays comme l’Egypte, la Guinée, l’Irak, l’homosexualité et la transsexualité ne sont pas uniquement difficiles à vivre. Avoir une orientation sexuelle différente de celle dite « de la norme », c’est non seulement risquer l’exclusion. C’est aussi et surtout mettre en péril sa sécurité, celle de l’entourage parfois également. Faut-il rappeler que dans certains pays, ne pas dénoncer l’homosexualité d’un(e) proche est condamnable ?

Du point de vue de l’asile, les homosexuels et transgenres constituent une population vulnérable dans le sens légal du terme. Ces hommes et ces femmes ont droit à une attention particulière. Leur orientation sexuelle figure parmi les critères pris en compte pour l’octroi du statut de réfugié. En Grèce, comme ailleurs, force est de constater que ce n’est pas toujours le cas. A Chios par exemple, les homosexuels et transgenres ne bénéficient pas d’un lieu qui leur est spécifiquement consacré. Nombreux sont ceux qui vivent dans le camps de Vial, victimes de harcèlement ou de violence.

Choosehumanity, dans le cadre de son projet d’aide légale d’urgence (ELA) a été sollicité à plusieurs reprises pour défendre les droits de ces personnes. Nous sommes intervenus pour demander, avec l’aide d’un interprète, le transfert de 3 personnes dans des appartements protégés. Notre avocat a soutenu plusieurs personnes dans leur procédure d’asile pour éviter qu’un rejet n’aboutisse à une déportation. Ainsi, le cas de B., qui vit aujourd’hui à Athènes, et qui bénéficie d’un statut stable. Ou encore de A., dont le partenaire, qui est décédé des suites de tortures infligées dans la prison où il avait été incarcéré dans son pays d’origine.

Pour rappel, ELA se compose d’une équipe de bénévoles qui assiste deux avocats grecs engagés pour mener à bien des recours ou d’autres démarches juridiques, afin d’éviter des déportations qui pourraient être lourdes de conséquences pour les requérants. Comme il ne nous est pas possible, par souci de confidentialité, de détailler les situations que nous rencontrons, il nous est particulièrement difficile de réunir les fonds nécessaires à rétribuer nos avocats grecs, seuls habilités par la loi pour effectuer ces tâches.

Nous sollicitons aujourd’hui la communauté LGBT pour nous aider à financer la prise en charge juridique de nos clients gays et trans (aucun cas de lesbienne ou bisexuel à ce jour). Merci pour eux du fond du coeur !!!

Comment nous soutenir :

En utilisant Paypal :
paypal.me/Choosehumanity

Par virement bancaire :
Banque Raiffeisen de Fribourg Ouest, 1752 Villars-sur-Glâne
Compte : CHOOSEHUMANITY
Impasse du Croset 23, 1753 Matran
IBAN : CH35 8015 9000 0160 8406 6
BIC/SWIFT: RAIFCH22159

Avec mention « LGBT »

Belle année 2018 !!!

Entrer dans une nouvelle année, c’est souvent d’abord regarder dans le rétroviseur et faire défiler les événements marquants de la précédente. Une année 2017 marquée par une présence renforcée sur le terrain à Chios où la situation ne s’est pas améliorée avec le temps, bien au contraire.

 

C’est donc tout d’abord un grand MERCI que Choosehumanity tient à adresser à toutes celles et ceux qui ont soutenu ses actions. Un grand MERCI également aux différentes équipes sur le terrain sans lesquelles nous ne pourrions agir. Enfin et surtout, un grand MERCI à ces hommes, ces femmes et ces enfants victimes d’un système qui manque profondément d’humanité, qui nous ont accordé leur confiance et continuent de se battre pour garder espoir.

 

 

 

2017, année de l’officialisation de notre association qui nous a permis de déployer des activités dans différents secteurs :

Informations et promotion : hormis la participation à 3 émissions radiophoniques, notre association a fait l’objet de plusieurs articles dans la presse locale (La Liberté, Sept Info) et nationale (revues de Solidarité sans Frontières et de l’ACAT). La journée des réfugiés ainsi que deux marchés de Noël ont également contribué à nous faire connaître.

Actions sur le terrain : notre soutien aux réfugiés a pu se concrétiser de diverses manières : acquisition et distribution de produits de première nécessité (pampers, savons, brosses à dent, ….), distribution de nourritures aux familles vulnérables, soutien aux jeunes mineurs non-accompagnés qui ont quitté l’île mais continuent néanmoins de vivre dans la précarité, acquisition de jeux de stimulation pour jeunes enfants, premier envoi de sacs de couchages (50), prise en charge des frais de benzine afin de permettre à l’équipe FEOX de se rendre quotidiennement dans le camp de Vial pour y mener des activités avec les enfants. Nous avons également pu animer des séances de relaxation et de soutien psychologique dans divers centres de Chios (Hero Centre, Women Center notamment) ainsi que des ateliers de sensibilisation à l’EFT (Emotional Freedom Technic) à l’intention de bénévoles.

Emergency Legal Aid / ELA – Chios : Choosehumanity s’est associée aux initiateurs de ce projet destiné à soutenir juridiquement les réfugiés dont la demande d’asile n’a pas été acceptée en première instance, et donc la vie, de ce fait, peut être mise en péril. Un grand merci à l’association luxembourgeoise Catch a Smile (www.catchasmile.org) qui figure parmi nos généreux donateurs.

Recherche de fonds : l’exposition et la vente aux enchères d’œuvres d’art « REFUGE » a été un franc succès et nous a permis de renflouer nos caisses. Un grand merci aux artistes qui nous ont offert l’une de leurs œuvres. Relevons également que nous avons eu le privilège de recevoir un don de l’Inner Wheel Club de Fribourg et d’être soutenus par la Ville de Fribourg. La campagne « Un sac de couchage pour l’hiver »  nous a permis d’effectuer un premier envoi à Chios… Nous mettrons les bouchées doubles pour réunir les fonds nécessaires à couvrir les besoins 2018. Par avance un grand merci pour les idées que vous pourriez nous donner 🙂

A venir : surprise, surprise… Continuez à nous suivre, sur notre site ou sur Facebook 🙂

Que cette année à venir soit belle…. et plus sereine pour nos frères et nos sœurs en souffrance. Puisse-t-elle susciter de nouvelles synergies et des collaborations créatives. A toutes et à tous, le comité de Choosehumanity adresse ses meilleurs vœux !

 

Radio Fribourg 4 octobre 2017

Troisième passage « A l’ombre du Baobab » invitée par Thierry Savary. Occasion pour  CHOOSEHUMANITY de promouvoir l’exposition REFUGE qui se tiendra au Café Culturel de l’Ancienne Gare du 7 octobre au 3 novembre 2017 (Vente aux enchères ce jour-là), dès la 35ème minute 🙂

Occasion aussi, et c’est là que réside la magie des rencontres, de vivre un bel échange avec Samba et Vincent Zanetti, du groupe Kala Jula. Une musique dense, toute en finesse, à découvrir.

Suivre le lien pour un voyage sous le baobab !!!!

 

 

Critical error compromises a refugee’s future and his life, August 2017

Syrian citizen, M spent most of his formative years and indeed all his adult life in Damascus, Syria. His father Syrian born, his mother native of a country in North Africa. M fled Syria with his wife and two children. Separated from his family during the journey to Greece, his baggage and with it all his papers were swept overboard during a rough crossing in a crowded rubber dingy. At registration, he could not therefore prove his identity or his nationality. This is not an uncommon occurrence. His wife and children are still lost to him: their location unknown.
Registered in error as a citizen of his mother’s country of origin, the lawyer assigned to his case failed to have his citizenship corrected on his case file, an error critical to his asylum application. His application for asylum rejected twice, he was arrested for deportation to Turkey. For reasons that remain unclear, M was transferred from prison to prison.
When in Chios on transfer between prisons, ELA visited him and took up his case. A stay of deportation is now in place for an as yet undetermined period. While in custody, he suffered a terrible beating: kicked and punched by four police officers suffering injuries to his legs, stomach and back, parts of the body unseen when clothed. Evidence of this beating still remain. During a fire that invaded the prison from the neighbouring camp, he and his fellow prisoners were left locked in a smoke filled cell with flames lapping the windows, while the guards fled to safety. Fellow prisoners were and some still are on hunger strike. One is known to be on hunger strike for 43 days. In all he spent three months in prison before recently being released to an ‘open’ camp, 20 minutes drive from the nearest town and shops.
Yesterday, we met him outside the refugee camp after his recent release from prison – an ‘open’ camp on another island. Together with Doctors without Borders, we went over his case and were given a photocopy of his Syrian passport sent to him by a family member still in Syria. To date there is no news of the whereabouts of his wife and children. A strong, resilient and gentle man, we spent the day with him – the youthful appearance of a man in his early thirties is no longer. He has lost a lot of weight, his hair and beard are now white, his appearance is now of a much older man.
CHOOSEHUMANITY will continue to provide Emergency Legal Aid to M and other cases.

Pensées de Chios, mai 2017

Il était presque 22h30 lorsque le téléphone Alpha a sonné ce soir-là. Avoir le téléphone Alpha, c’est être en alerte durant 24 heures. Répondre à toutes les demandes. Celles de l’équipe (signalements de situations d’urgence), des différents partenaires. C’est aussi et surtout avoir la charge d’organiser une équipe lorsqu’un bateau arrive.

Durant la matinée, un appel avait déjà été lancé : un bateau et 60 personnes récupérés dans les eaux grecques. 60 personnes pleines d’espoir à accueillir dans le port. Cinq heures passées à assumer la mission qui est la nôtre à Chios : attendre le bateau, accueillir les nouveaux arrivants, leur fournir eau et nourriture, vérifier leur état de santé, au besoin les signaler à l’équipe médical. Repérer les mineurs non-accompagnés et autres personnes vulnérables (personnes souffrant de handicaps, femmes seules, personnes âgées). Les regarder s’en aller le cœur toujours serré malgré le cumul d’expériences, ce bus qui les emmène dans le centre de Vial où l’on procédera à leur enregistrement.

Il faisait donc nuit noire lorsque le téléphone a sonné, annonçant le second bateau de la journée. Cette fois-ci, il s’est échoué sur une plage, dans une station touristique de l’île. Lorsque nous sommes arrivés, les derniers passagers quittaient l’embarcation de fortune. Sentir le sable coller sous les chaussures, peiner à avancer, entendre les cris et les pleurs d’enfants, la peur au ventre à l’idée de se retrouver face à une situation dramatique… Des images qui m’ont poursuivies alors que quelques heures plus tard, je cherchais à m’endormir, espérant qu’un nouvel appel, et donc une nouvelle arrivée, ne viendrait troubler une nuit déjà trop courte.

Nous étions peu nombreux dans l’équipe de Chios Eastern Shore Response Team (CESRT) en ce début mai. Une petite douzaine. Sachant qu’une équipe de garde compte 6 personnes, qu’il est difficile d’assumer ce rôle plus de deux nuits de suite, la fatigue se fait ressentir. Soixante nouveaux arrivants, cela représente une charge importante : la nourriture usuelle à promouvoir (un sachet comportant une croissant au chocolat, une barre de céréales, un jus de fruits), l’eau. La pizza lorsque les bateaux arrivent de nuit, que les réfugiés sont restés parfois deux jours sans manger, cachés dans la forêt, sachant qu’ils ne recevront rien durant les heures qui suivent dans le centre d’enregistrement. Chaque arrivée représente un coût de quelques 600 euros, sachant que CESRT dispose d’un stock de vêtements spécialement acquis pour changer rapidement toutes les personnes mouillées (des survêtements aisément utilisables sans être trop précis sur les tailles)..

Les arrivées de bateaux constituent un stress non négligeable. Dans le feu de l’action, nous faisons tous abstraction de nos émotions. Le calme retrouvé, les images remontent. Il importe de debriefer. Et d’être prêt à mener tous nos autres projets… Donner des cours de langues dans le Language Center pour certains, accueillir parents et enfants dans la Children’s House pour d’autres, dresser la liste des besoins dans le camp de Souda et les appartements loués par le UNHCR, distribuer les vêtements, sachant que CESRT est la seule organisation à assumer cette tâche à Chios. Préparer quelques 100 litres de thé en utilisant trois bouilloires, aller le distribuer à Souda en profitant de ce moment pour tisser des liens, vivre de plein fouet l’humanité que nous cherchons à promouvoir, et parfois essuyer des réactions agressives, peut-être parce que notre liberté renvoient les résidents de ces camps surpeuplés à leur impossibilité de se reconstruire une vie, à cet immobilisme engendré par les politiques. Certains y vivent depuis plus d’un an, depuis l’entrée en vigueur de l’accord établi avec la Turquie.

Dans un peu plus d’un mois, les ONG internationales (UNHCR, Save the Children, Médecins du Monde) quitteront les îles grecques, et donc Chios. La gestion de cette crise migratoire incombera aux autorités locales, qui ont déjà bien à faire avec une situation économique catastrophique. CESRT, en tant qu’équipe indépendante locale, restera sur place bien sûr. Et sera sans doute amenée à combler plus de manques encore, en ne pouvant bénéficier d’aucune subvention. Il va sans dire que nous appréhendons tous cette transition. Et que plus que jamais, CESRT et CHOOSEHUMANITY ont besoin de soutien financier, une forme de solidarité de nous tous qui avons la chance de pouvoir vivre dans un environnement paisible et de nous y épanouir, même si parfois, la vie n’est pas si simple pour nous non plus.

Une pensée pour vous tous, qui soutenez notre travail, partagez nos valeurs, choisissez comme nous l’humanité dans le sens le plus profond du terme. MERCI !

Mary Wenker